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Les outils du jardin

   
Auteur : Michel Giard
Editeur : Alan Sutton, collection « Parcours et labeurs »
Date de dépôt : août 2007

Du 4 au 6 juin 2010 se déroulera l’édition 2010 de la campagne nationale de « Rendez-vous aux jardins » sur le thème « Le jardinier et ses outils ». Dans cette thématique, il est utile de se plonger dans la lecture d’ouvrages abordant ce thème soit pour approfondir le sujet soit pour préparer diverses animations. Ainsi, dans la collection « Parcours et labeurs », les éditions Alan Sutton ont publié ce volume en 2007. Il propose une histoire illustrée de l’outillage de jardin, depuis les premiers outils en bois jusqu’à notre siècle, en passant par l’âge de fer et l’industrialisation du XIXe siècle. La brouette, l’arrosoir, la bêche, le râteau, la serfouette, les sécateurs et de nombreux autres outils sont au cur de cet ouvrage ainsi que la tenue du jardinier, des sabots aux bottes en passant par le tablier. Il est dû à Michel Giard, ayant travaillé durant 33 ans dans le monde de l’outillage et de la distribution. Dans son introduction, cet expert en la matière, déjà auteur de « L’esprit de la brouette » (Cheminements, 2004), considère que les outils de jardin « racontent l’histoire des hommes de la terre ». Il retrace leur histoire y compris dans la tradition culturelle, depuis l’Ancien testament avec le devoir pour Adam et Eve chassés du jardin d’Eden de cultiver la terre, mais aussi la quête de la nourriture quotidienne conduisant à la cueillette, la culture et au travail du sol. Au fil du temps, l’homme n’aura de cesse de se simplifier cette tâche et de domestiquer la nature.

Suivant douze chapitres, autant que les mois de l’année, sont détaillées les différentes pratiques en précisant à chaque fois l’outillage correspondant, son histoire et ses évolutions. Ils concernent donc la préparation du sol, les semis et plantations, l’entretien et le nettoyage du sol, l’arrosage et les traitements, la taille et la coupe, la récolte et bien sûr la brouette, véritable « outil des quatre saisons ». Le travail du gazon et la tenue du jardinier font l’objet de deux chapitres spécifiques. « Jardins et traditions » est une partie traitant des saints patrons, des jardins ouvriers et des jardins des poètes. Enfin, « jardin et plaisir » affirme que le travail du jardinier suit le rythme des saisons et que les outils relient l’homme au monde et aux végétaux du jardin. Tous les textes sont riches en anecdotes basées sur l’expérience et parfois les souvenirs de l’auteur. Sur le plan de l’histoire, sont rappelés par exemple que le sécateur a été inventé pendant la Révolution par le marquis de Malleville et que l’invention de la pomme mobile de l’arrosoir ne date que du XXe siècle.

L’un des principaux intérêts de ce livre est l’abondante iconographie en noir et blanc constituée de reproductions de documents anciens (gravures, pages de catalogues comme celui de la Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Etienne, publicités, affiches, cartes postales anciennes, Unes du journal « Rustica »). Se remarquent particulièrement les publicités du fabriquant de brouettes « Haemmerlin », de la pompe « Vulcano » ou des sels de potasse d’Alsace.

Dans cette palette d’illustrations, le lecteur repère les crocs à piocher, la houe d’Algérie, les semoirs, les cloches maraîchères, les pompes sur madrier, les greffoirs, les paniers Certains outils sont désormais méconnus comme la machine à tailler les bordures des carrés, le louchet de drainage ou le sécateur coupe-sarments. De même, sont mentionnés au fil des textes des noms souvent ignorés comme le foussier de Savoie, la houe de Bastia, l’essadonet de Provence, la pelle d’Alsace ou la serpe Ajaccio. Ces noms sont oubliés, à l’instar de ceux de leurs inventeurs sombrés dans l’anonymat le plus complet. Ils sont de nos jours remplacés par des outils fabriqués en séries et parfois moins durables mais témoignent de solutions ergonomiques et de légèreté incontestables. Auparavant, les têtes d’outil en ferronnerie étaient réalisées par les forgerons, taillandiers et maréchaux-ferrants et les manches en hêtre, frêne ou pin des Landes par les jardiniers eux-mêmes.

Les textes entraînent sur les pas de jardiniers célèbres comme Olivier de Serres, Jean-Baptiste de La Quintinie ou André Le Nôtre et font références à plusieurs textes dus à Nicolas Boileau, Emile Zola, Jean Giono, Jacques Prévert ou Erik Orsenna. La chanson a aussi une place importante dans cette monographie de l’outil de jardin comme « Le jardigny » d’Alfred Rossel, « Au bal du jardin potager » de Jo Charrier et F. Agello ou encore « L’arrosoir » de Art. Lamy et A. Lagard.

Assurément, cet ouvrage fait un point sur l’outillage de jardin, sans oublier pour autant les traditions et usages anciens, comme l’emploi d’un morceau de couenne de porc pour graisser ses outils avant de les remiser afin d’éviter la formation de rouille, ni les proverbes, y compris le célèbre « A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » ou les expressions comme « une poire pour la soif », « ne plus avoir un radis », « couper la poire en deux », « avoir un teint de pêche », « ramener sa fraise »

Dans cet ouvrage, Michel Giard regrette que peu d’auteurs étudiant la disposition et l’organisation des jardins ne se penchent pas davantage sur les mouvements, les gestes et les outils qui ont permis de les composer. Il s’attache ainsi dans ces pages à les réhabiliter.

Sur ce même thème, il est aussi utile de se reporter à l’ouvrage « Outils et objets de jardin » d’Albine Novarino-Pothier et Laurence Bulle (De Borée, 2009), également référencé sur ce site.

© Conservatoire des Jardins et Paysages / avril 2010

 
128 pages - 19.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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