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303 n° 103 : « Végétal »

   
Auteur : Articles d’auteurs variés sous la direction éditoriale de Jacques Cailleteau
Editeur : Association 303
Date de dépôt : 2008

Avec un sérieux ayant fait sa réputation dans toute la France depuis 1984, « 303 », revue trimestrielle culturelle des Pays de la Loire, traite de sujets parmi les beaux-arts, la création contemporaine, la littérature, la musique et la recherche. Son nom est en fait la simple addition des cinq nombres des départements composant cette région dont elle témoigne de la richesse patrimoniale et créative : 44 (Loire-Atlantique) + 49 (Maine-et-Loire) + 53 (Mayenne) + 72 (Sarthe) + 85 (Vendée). Devant l’engouement des Français pour le jardinage, l’actualité des questions environnementales et dans la lignée du succès d’un précédent numéro « 40 » consacré aux parcs et jardins (paru en 1994 et aujourd’hui épuisé), ce 103e numéro est entièrement dédié au végétal. En effet, cette région entretient des liens forts avec les plantes dans une dynamique développée à partir de l’action de Pierre Chirac (1650-1732), intendant du jardin royal des plantes de Paris, au jardin des Apothicaires à Nantes (Loire-Atlantique), créé en 1687. Mais les contributions de ce hors-série alertent aussi sur la disparition de la forêt sur la planète et les erreurs liées à des pratiques agricoles intensives. Elles abordent ces thèmes sous différents aspects et sont signées de diverses personnalités reconnues : Francis Hallé, professeur à la faculté des sciences de Montpellier (Hérault), Alexandre Chemetoff, architecte, urbaniste et paysagiste, ou encore Claude Figureau, directeur honoraire du jardin des Plantes de Nantes. Dans une première partie de ce numéro consacrée à l’histoire, ce dernier revient justement sur le voyage des plantes et surtout sur l’évolution des missions des jardins botaniques, et rappelle l’existence d’un réseau d’échanges mis en place et les difficultés de terrain au regard des législations en vigueur. Il est à noter qu’aujourd’hui certaines régions du monde, à l’instar de la Bolivie et la Nouvelle-Guinée n’ont jamais été explorées par les botanistes.

L’arboretum Gaston Allard* à Angers (Maine-et-Loire), sujet d’un autre article, a été planté par le botaniste éponyme à partir de 1863 avec des plantations d’acclimatation, puis une collection de chênes et de conifères et en 1895 le fruticetum. Il est aujourd’hui propriété de la ville d’Angers et renferme au sein de la maison de Gaston Allard des herbiers dont le plus remarquable est celui de James Lloyd. Les jardins ont été réaménagés à partir de 1999 et comportent une collection nationale d’hortensias, le jardin des ombrages, le jardin des « essais », le jardin des cinq sens et celui des biotopes, récemment terminés. Christine Toulier, conservateur du patrimoine, propose un bilan sur les parcs et jardins en Pays de la Loire. Dans cette région, 109 sont protégés au titre de la loi sur les Monuments historiques, 17 sont détenteurs du label « jardin remarquable » et 26 d’un label régional (« Les Pays de la Loire côté parcs et jardins »). Par ailleurs, les propriétaires et amateurs de jardins se regroupent au sein de diverses associations. Un entretien avec Jean-Pierre Bady, président du Conseil national des parcs et jardins, fait le point sur le label « jardin remarquable », décerné par le Ministère de la culture et de la communication sur des critères de composition, d’intégration dans le site, de qualité des abords, d’intérêts botanique et historique, d’entretien et de gestion, détenu aujourd’hui par 318 jardins à travers la France. Il revient aussi sur le rôle du Conseil national des parcs et jardins dans les domaines de la protection, la promotion, la restauration et le développement durable. Il annonce aussi un projet dans les cartons de grande exposition photographique sur le thème des parcs et jardins de France au sein de la Conciergerie à Paris, première demeure royale de la capitale et prison lors de la Révolution française. Ce numéro de « 303 » dépasse donc largement la problématique du végétal au sein des limites de la région, à l’instar d’un article de Jean-Marie Solichon, directeur du jardin exotique de Monaco*, relatant l’histoire et l’évolution de ce jardin édifié à partir de 1913. Il est né de l’intérêt porté par le prince Albert Ier pour les plantes dites grasses que collectionnait Augustin Gastaud, alors jardinier chef des jardins Saint-Martin (Monaco).

Les chapitres suivants sont consacrés au végétal à travers ses rapports avec notre vie et notre culture. Le premier est consacré au végétal et à la science. Francis Hallé, professeur réputé, dresse une analyse comparée entre la botanique tropicale et la botanique tempérée, à trois niveaux différents : celui des plantes, celui des végétations et celui des flores. La science est aussi abordée dans des domaines très pointus des études des vestiges végétaux, tels que les progrès et les prolongements de la paléobotanique (étude des fossiles et graines, soit les macro-restes) en 2008 par Christine Strullu-Derrien, enseignante et doctorante, ou encore la palynologie (étude des grains de pollens et spores, soit les micro-restes) par Camille Joly, docteur en paléo-palynologie.

Pour parler du végétal et de l’espace naturel, rien de plus adapté que de dresser un portrait de celui qui regarde la planète comme un jardin, à savoir Gilles Clément. Ce jardinier, ingénieur horticole, paysagiste, écrivain et enseignant à l’Ecole nationale supérieure du paysage à Versailles (Yvelines) a développé trois concepts (le jardin en mouvement, le jardin planétaire et le tiers paysage) et les met en pratique dans ses créations au sein desquelles, fidèle à ses convictions, il privilégie l’observation au jardinage. En région des Pays de la Loire, il a justement créé en 2007 un jardin d’eau et d’orties à Melle (Deux-Sèvres) au sein de l’arboretum le Chemin de la découverte*. Toujours dans cette même région, le lycée Jules Rieffel à Saint-Herblain (Loire-Atlantique) intègre depuis 2003 les théories et les pratiques du « jardin en mouvement » dans le cadre d’un BTS, sous les regards attentifs de Gilles Clément, de Claude Figureau et de Jacques Soignon, directeur du service des Espaces verts et de l’environnement de Nantes. Autre aspect de l’espace naturel, les mousses, végétaux malaimés, sont réhabilitées sous la plume de Claude Figureau. Pour lui, « L’art du jardin a pour objet principal de faire cohabiter des espèces végétales venues de tous les horizons, dans des conditions parfois très éloignées de leurs exigences écologiques ». Or, hormis dans les jardins japonais (et encore ils ne s’intéressent qu’à une seule espèce), les mousses n’ont pas droit de cité aux jardins. Afin de limiter le déclin du patrimoine végétal, 11 conservatoires botaniques nationaux ont été créés. Stéphane Buord présente le travail et la responsabilité du plus ancien d’entre eux (créé en 1975), celui de Brest* (Finistère) dont il est le responsable des actions internationales. Comme tous les autres conservatoires, il participe au sein de ses serres et de son jardin de 30 hectares à la protection de la flore en maintenant sur le long terme les espèces menacées, la gestion des milieux naturels de sa zone d’agrément (Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie) et assume une grande responsabilité dans la mission d’information du public. Un autre article présente le label Eve. Avec Rennes en précurseur, la Bretagne a été le point de départ il y a une quinzaine d’années des politiques de « gestion différenciée » en raison de la prise de conscience de la pollution des eaux générée par l’utilisation des pesticides. Le récent jardin de l’île Mabon à Nantes est un exemple de la mise à contribution de la nature dans une ancienne friche. Aujourd’hui, Claude Figureau et Gilles Clément président aux destinées des « espaces verts écologiques » (label Eve) basées sur une dizaine de domaines fondés sur des critères, obligatoires pour certains et incitatifs pour d’autres. Ils concernent l’eau, le sol, la biodiversité, le paysage, l’air, le bruit, l’énergie, les déchets, les matériels, matériaux et produits et enfin les aspects sociaux et humains. Autre acteur important dans le monde notamment végétal, mais surtout professionnel, le centre national « Plante & cité » est une plateforme d’expérimentations et de conseils techniques spécialisée dans le domaine des espaces verts et créée dans le cadre du pôle de compétences Végétalys d’Angers. A ce titre, elle organise et anime des programmes d’études en mutualisant les connaissances de ses adhérents qu’il s’agisse de collectivités territoriales ou d’entreprises.

Les relations du végétal avec l’espace urbain sont au cur de la partie suivante dans laquelle Jacques Soignon, directeur du service des Espaces verts et de l’environnement de Nantes, présente les grands parcs nantais, qu’il a vu évoluer depuis son arrivée dans le service en 1985. A commencer par le jardin des plantes et jardin botanique de Nantes*, considéré par certains Britanniques comme l’un des plus beaux et des mieux entretenus jardins de France. Le parc de Procé*, le plus fréquenté, est notamment à voir pour ses allées en barrettes d’ardoise de Nozay et son emblématique pavillon « mauresque ». Avec en fond le château acquis en 1992, le parc de la Gaudinière* constitue une superbe perspective en arrivant sur Nantes depuis la route de Rennes. Il possède une remarquable rocaille alpine créée au lendemain de la tempête de 1989 et est à apprécier pour ses jonquilles dont la multitude a donné au versant nord du ruisseau de la Patouillerie le surnom de « Val d’or » (ou « Orvault »). Légué par le mécène Thomas Dobrée (1810-1895), le parc du Grand-Blottereau* comporte outre ses serres tropicales des aménagements permettant de découvrir des plantes utilitaires du monde entier (parties méditerranéenne et américaine, jardin coréen et projet pour 2010 du vallon du Drakensberg pour accueillir la flore d’Afrique du Sud) selon le souhait de son donateur. En outre, ce parc accueille chaque premier week-end de septembre la « Folie des plantes », manifestation de référence nationale pour les amateurs de jardins et du monde végétal. Moins connu mais le plus naturel des parcs nantais, le parc de la Chantrerie, situé sur une rive de l’Erdre a été dessiné en 1872 par Dominique Noisette et accomplit aujourd’hui un rôle éducatif auprès des jeunes grâce à sa ferme d’éveil. Le parc de la Beaujoire* a été décidé par Paul Plantiveau et Roland Jancel pour accompagner la tenue des Floralies internationales se déroulant depuis 1971 dans le parc des expositions voisin. Ainsi, au fil des éditions, il est doté d’un jardin d’iris puis d’une roseraie. Enfin, conçu par le paysagiste et architecte d’intérieur Louis Soulard, le jardin japonais de l’Ile de Versailles*, troisième au rang de la fréquentation des Nantais, est apprécié pour son caractère asiatique. En outre, Jacques Soignon, tout en valorisant l’ensemble des personnels de son service, revient entre autre sur les coulées vertes, la participation des habitants, l’évolution du fleurissement et la prise en compte de l’environnement à Nantes.

Bien d’autres articles sont encore au sommaire de ce numéro et notamment un, consacré au marais de Malakoff, dit la « petite Amazonie ». D’une superficie de 18 hectares et située en plein cur de l’agglomération nantaise, elle est classée à l’inventaire des ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) grâce à la ville et à la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) depuis 1993. En 2004, elle est intégrée dans le site d’intérêt « Natura 2000 » (réseau européen de sites écologiques avec pour objectifs de préserver la diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel des territoires) de la vallée de Nantes aux Ponts-de-Cé. En fait, l’activité humaine a permis de pérenniser ce patrimoine naturel jusqu’à maintenant, mais depuis la suspension de celle-ci, sa richesse biologique a régressé. Ce marais a notamment pris forme grâce à une végétalisation spontanée des mares créées dans les cratères d’impacts des bombardements de septembre 1944. Un plan de restauration, valorisation et gestion a permis de préserver le site en s’adaptant à l’accueil du public en trouvant le juste milieu entre une ouverture plus large aux riverains et la protection d’un site d’exception.

L’architecte, urbaniste et paysagiste, Alexandre Chemetoff, détenteur du « Grand prix de l'urbanisme » en 2000, raconte comment, en intervenant comme maître d'uvre de l’important projet urbain de l'Ile de Nantes, il a changé ses certitudes en s’imprégnant du site et de sa fertilité pour modifier plan et projet. Ainsi, pour le jardin de l’île Mabon qu’il a imaginé et créé, il a respecté les « mauvaises herbes » en leur reconnaissant un « droit de cité ». Ce jardin est devenu sujet d’étude scientifique, un terrain d’expérimentation, d’observation, d’apprentissage et de transmission des savoirs, le tout inscrit dans le temps sur des plaques de lave émaillée. Il avoue son amour pour l’exercice de la reconnaissance des végétaux, expérience des plus à propos au sein de ce hors-série. Pour lui, « la reconnaissance, c’est aussi une adoption, l’adoption de quelque chose que vous ne connaissiez pas, qui fait désormais partie de votre mémoire, de vos souvenirs. ».

Un article sur les jardins partagés retrace l’histoire de ces lieux où culture de la terre rime avec citoyenneté active. Jardins ouvriers ou familiaux, leur histoire est retracée avec des étapes clefs comme la démarche de l’abbé Lemire (créateur en 1896 de la Ligue française du coin de terre et du foyer), la « Green guerilla » initiée par Lyz Christy à New York en 1973 ou encore le mouvement du « Jardin dans tous ses états » par Eric Prédine (co-inventeur du concept du potager en carrés) et l’importance des jardins familiaux en Europe de l’Est. Au-delà de l’effet de mode, les citadins, viennent chercher non seulement un mode d’autoproduction des légumes, mais aussi des rencontres et un lieu d’éducation pour les enfants basé sur les liens sociaux et le respect de l’environnement car, comme le soulignent Marie-France Ringeard et Renée Le Bout et Robert Laly, auteurs de l’article, « Les habitants développent autour du jardinage des pratiques de rencontres qui témoignent d’un réel désir de s’impliquer dans la construction du paysage et la préservation de l’environnement ». A ce titre, Nantes est un exemple intéressant avec des sites comme le jardin des Epinettes et le parc potager de la Crapaudine, lieu de l’animation « Jardin' jazz ».

Autre sujet important, l’historique de la Société d'Horticulture de la Sarthe est retracé depuis sa création en 1851 jusqu’à nos jours. Cette aventure parfois semée de tensions avec la Ville du Manspasse évidemment par l’étape incontournable de la création du jardin des plantes du Mans*, d’après un dessin de Jean-Charles-Adolphe Alphand. Au sein de cette histoire, le jardin aura évolué et vu la création d’un kiosque à musique, d’un passage souterrain, d’un abri bétonné Une histoire racontée par Guy Motel à découvrir.

Le rapport entre le végétal à l’art et à l’architecture est le thème de l’avant-dernier chapitre. L’aventure des serres y est retracée en passant par les étapes primordiales comme les expositions universelles ou encore l’intérêt de l’impératrice Joséphine pour la botanique. Très présentes dans l’ouest de la France, elles sont liées à des montages de collections de plantes et sont l’apanage d’une part des aristocrates (statut) et des professionnels (production) d’autre part. Les serres ont en effet à la fois une valeur soit patrimoniale soit économique. Cette étude est étayée par de nombreuses références dans une histoire marquée par la présence de personnages comme Victor Hugo, Honoré de Balzac, Marcel Proust, Edouard Manet, Louis de Funès. Les références géographiques sont aussi importantes et passent aussi bien par le jardin des plantes de Nantes, que le jardin des plantes d’Angers* (Maine-et-Loire) ou encore les Serres d'Auteuil* (Paris). Les problématiques de construction ne sont pas écartées tout comme la prépondérante question du chauffage, lorsqu’en plus de ses rôles pratiques et esthétiques, la serre devient un espace à vivre et prend le qualificatif de « jardin d’hiver ». Une autre association du végétal à l’architecture, une référence, est l’ambitieux projet de l’« Arbre aux Hérons ». Il est né de l’imagination de François Delarozière et Pierre Orefice, les constructeurs des « Machines de l’île » dont l’atelier est installé sous les nefs des anciens chantiers navals au cur de l’île de Nantes. Cette sculpture urbaine accessible au public est le projet monumental d’un arbre en acier de 45 mètres de diamètre et de 28 mètres de haut surmonté de deux hérons animés, qui comportera 22 branches dont un prototype à échelle réelle est déjà visible à l’entrée de la galerie des Machines. La prise en compte du végétal est étudiée grâce au savoir et à l’expérience de Claude Figureau qui travaille avec les deux concepteurs sur la recherche de la palette végétale idéale pour cet arbre comme les plantes chasmophytes (aptes à vivre dans les fissures des roches) et notamment grâce à la contribution d’échanges de graines avec les jardins botaniques du monde entier. Actuellement l’expérimentation porte sur les systèmes de culture et d’arrosage. Pour plus de détails, se rapporter à la lecture du « Carnet technique n° 1 : La végétalisation de l’arbre aux Hérons ». Sur le plan de l’art, ce hors-série aborde aussi la représentation de la nature dans la tapisserie (les « verdures ») et le végétal dans la peinture murale médiévale. Le livre de prières, les « Grandes Heures d'Anne de Bretagne » (1503-1508), est traité dans un autre article par l’historienne Michèle Bilimof, auteur de « Promenade dans les jardins disparus, les plantes au Moyen Age d'après les Grandes Heures d'Anne de Bretagne », ouvrage lauréat du « Prix Saint-Fiacre 2002 », prix annuel de littérature délivré depuis 1971 par l’association des journalistes du jardin et de l’horticulture (AJJH). Les planches sont dues au peintre à la Cour de France, Jean Bourdichon, et représentent 337 plantes observées dans la campagne tourangelle : bourache, pissenlit, rose trémière Michèle Bilimof rappelle les usages et vertus de ces plantes dont certaines étaient représentées pour la première fois dans un manuscrit. Le consultation de cet ouvrage permet aujourd’hui de mieux apprécier la beauté et la diversité des plantes que nous voyons tous les jours en oubliant de les regarder. Lieu incontournable de l’art, le Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire* (Loir-et-Cher) est présenté par Chantal Colleu-Dumond, directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire. Elle revient sur l’histoire du site animé initialement par Jean-Paul Pigeat (1946-2005). C’est ici que les osiers tressés vivants ont été remis à l’honneur et que les murs végétaux imaginés par le botaniste chercheur Patrick Blanc ont été découverts par le grand public. De grands noms du paysage et des arts sont associés à ce festival comme Jacques Wirtz qui a dessiné le plan général sous l’aspect d’un rameau de tulipier de Virginie et dont les feuilles forment des parcelles de 240 m2 accueillant les jardins temporaires. Il est à noter aussi les interventions de personnalités comme Emilio Ambasz, Fernando Caruncho, Alexandre Chemetoff, Michel Corajoud, Charles Jencks, Lucien Kroll, Christine et Michel Péna, Mark Rudkin, Jacques Simon, Shodo Suzuki, Fumiaki Takano, Peter Walker Au-delà du festival, le nom de Chaumont-sur-Loire est à associé à un centre de formation et à la récente création du « domaine de Chaumont-sur-Loire, Centre d'arts et de nature » avec des commandes passées à des artistes.

Enfin, la dernière partie de ce « 303 » passionnant aborde le végétal et les métiers en mettant en avant les professionnels comme élagueurs, maraîchers, pépiniéristes, mais aussi jardiniers dont les pratiques continuent d’évoluer notamment au cours des dernières années.

L’histoire de la production de plantes médicinales en France est révélée et particulièrement en Maine-et-Loire comptant encore aujourd’hui 700 hectares y étant dévoués et surtout à Chemillé, considérée comme la capitale du pays de cette culture. D’ailleurs son ancien jardin des plantes médicinales est devenu depuis 2008 Camifolia, avec pour ambition notamment de constituer les collections nationales de camomilles et matricaires. Toujours au niveau du monde professionnel, sont développés les sujets de la recherche et de la formation, sans oublier une présentation du Comité des floralies de Nantes au travers de son histoire, de son rôle et de son fonctionnement.

Une quantité d’autres articles étaye ce numéro essentiel sur le végétal abordant à la fois, le patrimoine des jardins, la recherche, l’art, l’histoire du végétal cultivé, mais aussi la biodiversité et les questions environnementales. Il permet notamment de savoir qui était le botaniste et marchand de vins nantais Emile Gadeceau, d’aborder la flore de bord de mer ou encore la rareté et la fragilité de l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa).

Au fil des pages, des thèmes sont prépondérants comme la richesse et le rôle fédérateur de villes comme Angers et surtout Nantes, et en particulier la présence de Claude Figureau qui, notamment dans un article sur la flore spontanée des villes, fait une analyse pertinente du milieu urbain en comparant l’agglomération à des blocs minéraux, les rues à des canyons et les grands boulevards à des vallées. Ainsi, il considère que la ville possède toutes les caractéristiques d’un grand écosystème « indispensable au maintien de certaines formes de vie liées au substrat rocheux ».

Bien au-delà des frontières des Pays de la Loire, « 303 » propose à travers ses près de 300 pages un bilan contemporain du monde végétal. C’est un territoire où il occupe une place historique, tradition qui perdure dans les domaines de la recherche, la labellisation et le monde professionnel. En cela, c’est un numéro passionnant qui a sa place dans les rayons des bibliothèques des amateurs de jardins.

Attention, s'agissant d'un magazine, au-delà de sa période de parution, les internautes intéressés par son acquisition devront donc se rapprocher directement de l'éditeur, sur le site www.revue303.com.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Arboretum Gaston Allard

Jardin exotique de Monaco

Arboretum le Chemin de la découverte

Conservatoire botanique national de Brest

Jardin des plantes et jardin botanique de Nantes

Parc de Procé

Parc de la Gaudinière

Parc du Grand-Blottereau

Parc de la Beaujoire

Jardin japonais de l’Ile de Versailles

Jardin des plantes du Mans

Jardin des plantes d’Angers

Jardin des Serres d'Auteuil

Parc du château de Chaumont



© Conservatoire des Jardins et Paysages / juillet 2009

 
288 pages - 30.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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