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Parcs et jardins en Champagne-Ardenne

   
Auteur : Marc Lechien
Editeur : Castor & Pollux, collection « Les guides Castor & Pollux »
Date de dépôt : 2008

Jusqu’à présent il n’y avait pas de guide de jardins se rapportant à la région Champagne-Ardenne. Pourtant, au sein de ses quatre départements (Aube, Ardennes, Marne et Haute-Marne), le patrimoine des jardins est varié. Ce guide comblant ce manque est l’uvre de Marc Lechien, paysagiste, architecte et directeur du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE) de la Haute-Marne. Il uvre notamment pour la remise en valeur ou la restauration de parcs et jardins du grand Est, avec pour ambition de révéler et d’expliquer l’art des jardins. Responsable depuis 1991 de l’inventaire des parcs et jardins de Lorraine, il est notamment l’auteur de « La Meuse en ses jardins » (1994) et de « La Meurthe-et-Moselle en ses jardins ». Pour la région Champagne-Ardenne, il propose un guide différent des autres, grâce à une première partie détaillant sur une soixantaine de pages et trois chapitres l’histoire et l’art des jardins dans cette région, une sorte de trousseau de clefs pour apprendre à lire un jardin avec des éléments permettant de déchiffrer son histoire, sa composition stylistique, son patrimoine et sa palette végétale. A l’appui d’exemples régionaux, l’auteur revient sur cette histoire des liens unissant l’homme à la nature, depuis le Moyen âge jusqu’aux jardins contemporains qu’il décline selon quatre types : de réminiscences, de paysagiste, de fleurs et « au naturel ». Deux portraits de créateurs de jardins sont détaillés, Jean-Michel Chevotet (1698-1773) et Edouard Redont (1862-1942), mais d’autres concepteurs ont aussi uvré dans cette région comme Edouard André, Denis et Eugène Bühler, Jean-Claude Nicolas Forestier, Jean-Baptiste Thomereau, Jacques Simon, Jacques Sgard, Alain Marguerit, Aline Le Cur, Alexandre Chemetoff... La typologie proposée est déclinée suivant les catégories suivantes : parcs et jardins publics, jardins religieux, arboretums, jardins botaniques, vergers et jardins d’artistes. Les matières et les savoir-faire sont aussi valorisés comme les plantes, les eaux, la pierre et le rocaillage ou encore le fer et la fonte d’art. En effet, la pierre est un élément abondant dans la région (calcaire marbrier, craie de Champagne, calcaire karstique) et propice au travail des tailleurs de pierre, sculpteurs et rocailleurs exerçant dans l’art de la fausse grotte, du bois factice aux dessins de nuds et écorces. Quant à la fonte de fer et de bronze, avec la Haute-Marne comme premier département métallurgique de France au XIXe siècle, il est évident que la production de piètements de bancs sylvestres, vasques, personnages et groupes sculptés se soit naturellement invitée dans l’aménagement des parcs et jardins. Les pépinières forestières et fruitières Baltet Dumont à Buchères (Aube) ont depuis le XVIIe siècle joué un rôle capital dans le paysage champardennais et encore aujourd’hui dans le cadre de restaurations ou recréations de vergers historiques. Eric Dumont, leur actuel gestionnaire, est notamment l’auteur de « Vergers à l’ancienne » (2000) et du livre « Les bons pommiers à planter, 100 variétés » (2008).

La seconde partie est constituée de la description de quelque 56 jardins à visiter présentés dans l’ordre alphabétique indépendamment des départements où ils sont situés. Parmi ceux-ci figure un certain nombre de jardins détenteurs du label « jardin remarquable », décerné par le Ministère de la culture et de la communication sur des critères de composition, d’intégration dans le site, de qualité des abords, d’intérêts botanique et historique, d’entretien et de gestion. Il s’agit du parc et du jardin du château de Barberey-Saint-Sulpice (Aube), du jardin du château du Grand Jardin* à Joinville (Haute-Marne) recréé en 1993-1994 par une évocation du jardin Renaissance, du jardin botanique de Marnay-sur-Seine (Aube), du jardin botanique de la Presle à Nanteuil-la-Forêt (Marne) qui détient des collections de spirées, saules, saxifrages et Caragana homologuées par le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées), le jardin du Prieuré à Pargues (Aube) aux rosiers blancs ‘Irène de Danemark’ et plantes aquatiques, « Entre cour & jardin » à Sézanne (Marne) et sa belle broderie ponctuée de quatre vases de Chine jaunes et bleus et les jardins de mon Moulin à Thonnance-lès-Joinville (Haute-Marne) comportant un clos médiéval, un jardin blanc, une roseraie et un hommage à l’art des jardins chinois.

D’autres jardins sont tout aussi intéressants à visiter dont les plus connus sont les trois Jards* à Châlons-en-Champagne (Marne) [plus ancien parc public de France], le parc de l’Horticulture* à Epernay (Marne) aux essences rares dont un hêtre à feuilles de fougères, un fau de Verzy et un muscadier, les jardins de la Motte-Tilly* (Aube) classés Monuments historiques en 1946, le jardin Pierre Schneiter* à Reims (Marne) à voir pour ses arbres rares et le parc de la Patte d'oie* à Reims (Marne) pour la place occupée par l’eau (jets, cascades). Sont aussi à apprécier des sites comme le parc du château de Bazeilles* (Ardennes) à la composition classique, les jardins du château de Braux-Sainte-Cohière (Marne) dont la réouverture est en préparation (mais restent visibles lors de la campagne annuelle « Rendez-vous aux jardins »), le jardin du château de Donjeux (Haute-Marne) à voir pour son potager, le jardin de l’orangerie Moët et Chandon à Epernay (Marne), la promenade Blanchefontaine à Langres (Haute-Marne), une des premières promenades publiques établies hors remparts et dont le charme séduisait Denis Diderot. Quant au parc de Champagne à Reims (Marne), premier parc des sports, il fut réalisé par Edouard Redont pour l’usage du personnel de l’illustre maison champenoise Pommery. Moins, connu, le parc du château de Villette à Glaire (Ardennes), restauré à la fin des années 1990, comporte dans sa composition datant du XVIIIe siècle un verger de demi-tiges auquel l’accès se fait depuis un escalier. Il s’y remarque un bassin rond et un piédestal supportant une coupe en fonte. Outre les jardins, ce guide relate aussi la richesse horticole de la région, à l’instar des faux de Verzy* (Marne) dont 800 sujets de ces hêtres tortillards à l’origine inconnue sont répertoriés sur environ 300 hectares et dont le prélèvement est interdit depuis 1932 mais dont certains jardins de la région possèdent un exemplaire. En annexe, sont signalés d’autres jardins à voir dans les quatre départements mais un peu moins détaillés, à l’instar du jardin Humide à Chouilly (Marne) ou du parc du château de Reynel (Haute-Marne).

Toujours pour faciliter la compréhension du patrimoine des jardins champardennais, un lexique clôt le guide, depuis « A » comme alchémille jusqu’à « Y » comme yeuse, en passant par des termes comme cadole (abri de pierre sèche), fabrique, froissartage, gayoir (pédiluve), nymphée, resserre et topiaire.

Au-delà de ses vins prestigieux, la région Champagne-Ardenne mérite d’être connue pour ses parcs, jardins de fleurs, vergers, encore trop méconnus, richesse que ce guide s’applique à dévoiler.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Jardin du château du Grand Jardin

Trois Jards

Parc de l’Horticulture

Jardins de la Motte-Tilly

Jardin Pierre Schneiter

Parc de la Patte d'oie

Parc du château de Bazeilles

Faux de Verzy



© Conservatoire des Jardins et Paysages / novembre 2008

 
160 pages - 17.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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