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Voyages et survie des plantes au temps de la voile

   
Auteur : Yves-Marie Allain
Editeur : Champflour
Date de dépôt : dcembre 2000

Le voyage des plantes, thème retenu pour l'édition 2008 de « Rendez-vous aux jardins » (du 30 mai au 1er juin), est une excellente occasion pour se replonger dans la lecture de ce livre d'Yves-Marie Allain, ingénieur horticole, paysagiste DPLG, inspecteur général de l'environnement et vice-président de notre association. Ancien directeur du service des cultures du Muséum National d'Histoire Naturelle, c'est en découvrant dans les sous-sols des serres du jardin des Plantes* (Paris) des caisses de transport des plantes il y a quelques décennies qu'Yves-Marie Allain se lance dans cette étude, mettant en avant les relations entre les jardiniers et les marins. Depuis l'Inde, Madagascar, la Chine, les Philippines jusqu'à la France, les voyages ont permis de rapporter des plantes aujourd'hui bien connues, mais les rapports entre les marins et les botanistes ne sont en effet pas toujours simples car les végétaux au sein d'un bateau constituent pour les premiers de la pacotille peu rémunératrice. En empruntant bricks, goélettes, corvettes, vaisseaux tels le célèbre « Bounty », sur les traces des tulipiers provenant de Louisiane ou des ananas de Saint-Domingue, ce livre rend hommage à d'illustres hommes à l'instar de Michel Bégon (1638-1710), Pierre Poivre (1719-1786), Joseph-Philibert Commerson (1727-1773), Antoine Bruni d'Entrecasteaux (1737-1793), André Thouin (1747-1824)... La découverte des nouveaux continents va favoriser l'amélioration des connaissances des jardins botaniques créés au XVIe siècle sur les végétaux et faciliter les premiers essais de classification. Déjà les plantes ont été transportées dans la Grèce et la Rome antique mais sous forme de semences ou de greffons.

Les introductions de plantes sont analysées à travers les écrits d'Henri-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), de John Ellis (1710 ?-1776), de Caimrio Gomez Ortega (1741-1818), de Désiré Bois (1856-1946)... Tous ces textes concernent leurs transports mais pas nécessairement dans des préoccupations botaniques. Dans un chapitre sur leurs conditions de transport lors de leur voyage sur les océans, Yves-Marie Allain s'intéresse à l'eau à bord, à la lutte contre les prédateurs et l'emplacement des caisses, conditions à prendre en compte de façon primordiale afin de limiter les risques de pertes. Un chapitre très intéressant fait le point sur les techniques de transport des plantes à savoir les caisses (de jardinier, grillagées, fermées, de Ward et ordinaires) et autres contenants, basé sur les instructions données aux équipages. Une belle iconographie issue de gravures anciennes et de photographies en noir et blanc permet de mieux comprendre comment étaient faits ces contenants et combien l'homme a imaginé différents moyens de faire voyager les précieux plants. Il est révélé que les célèbres caisses dues à Nathaniel Bagshaw Ward (1791-1868), également appelées « serres portatives » étaient considérées par certains comme onéreuses mais ont été rapidement adoptées et utilisées par les jardins botaniques des Etats intéressés et leur efficacité a été célébrée notamment par Robert Fortune (1812-1880). Le jardin colonial de Nogent devenu jardin d'Agronomie tropicale* (Paris) utilisait encore au début du XXe siècle de telles caisses comme le montrent des photographies d'époque. La généralisation de leur emploi s'est produite dans les années 1840. Après avoir abordé l'étiquetage, l'auteur du livre passe en revue les consignes et usages retenus pour expédier les végétaux, notamment les plantes ligneuses, herbacées, succulentes, bulbes, tubercules, semences, graines tout en abordant les résultats sur les plans des pertes et survie des végétaux.

Parmi les plantes les plus détaillées, l'ouvrage traite du transfert de l'arbre pain (Artocarpus altilis) qui, dans les récits de Bougainville est considéré comme un précieux végétal alimentaire susceptible de résoudre les problèmes de nutrition des populations des Antilles. La quête des épices comme le muscadier (Myristica fragans) ou le giroflier (Syzygium aromaticum) est aussi évoquée. La création des jardins des ports est le thème du dernier chapitre du livre. Leurs collections étaient à l'origine alimentées par des apports par voie maritime, mais surtout permettaient aux plantes d'être « rafraîchies » avant de partir vers leur jardin de destination finale comme le jardin des Plantes de Paris ou celui de Montpellier* (Hérault). Des jardins aujourd'hui disparus sont présentés comme le jardin botanique de Lorient (Morbihan), celui de Toulon (Var), le jardin de l'hôpital de la Marine à Brest (Finistère), le jardin botanique de la Marine à Rochefort (Charente-Maritime) et bien sûr le jardin des Apothicaires de Nantes (Loire-Atlantique). Tous les chapitres du livre sont étayés par de nombreuses citations et références bibliographiques et une précieuse annexe renseigne sur les caisses avec leurs dimensions détaillées. Ce livre contant la formidable aventure des plantes et des botanistes explorateurs avec les moyens imaginés et mis en uvre pour garantir leur survie, paru en 2000, est toujours disponible auprès de la librairie « La nef des livres » au prix de 15 € (frais de port compris).

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Jardin des Plantes

Jardin d'Agronomie tropicale

Jardin des plantes de Montpellier



Conservatoire des Jardins et Paysages / mai 2008

 
152 pages - 12.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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